Gaston Lagaffe

J'aurais voule être une fée

J'aurais voule être une fée
Mentholée

jeudi, juin 24

Jo Lagaffe.


Face à la mer au bord du quai j'attend qu'un jour infinie vienne me chercher. Il ne viendra pas car aujourd'hui c'est la fin. Je laisse voltiger mes talons en verre. Ils flottent sur la mer et sont finalement noyés au loin par une vague en furie. C'est la fin.
Mes yeux se ferment sur un autre horizon. Une larme coule, et tombe à terre dans une flaque d'eau salée. Encore mon coeur, encore mon corps...
Ma main se faufile et je descend la fermeture de ma robe. Chhhh. Dans un bruit sourd elle tombe. Elle n'est plus qu'un vulgaire bout de tissu sans la moindre importance. Plus rien n'a d'importence à part ma langue qui passe sur mes lèvres pour effacer les dernières traces d'un rouge à lèvre flamboyant.
Au loin une mouette. Elle hurle. Je voudrais hurler moi aussi, me donner la joie d'un dernier crie de douleur mais mon silence surplombe la mer et vient se joindre à la prière du soleil. Je lève la tête au ciel : Une nuée de becs jaunes volent avec chorégraphie et harmonie. Mes dents s'ouvrent, un rire qui ne s'entend pas s'envole et vient se meler à la mélancolie des oiseaux.
Encore je vie mon amie, regarde moi, je ne suis plus très loin.
Sous ma robe je suis nue. J'ai la peau humide, une vague vient se joindre à moi, je tournoie et envoie valser des goutellettes avec quelque chose de presque enfantin. Mes mains apprivoisent ce corps nouveau qui n'est plus à moi. Elles serpentent les formes grossierement dessinés dans un morceau de chair, et arpententent les sentiers inconnus.  L'interdit est franchit, la fin approche, encore et encore...
Je tombe, mon corps s'écrase avec violence dans la flaque d"'eau salée. Les pavés sont froid, je m'y aggripe, mes mains glissents et se tordent. Je m'enroule sur moi même je reviens dans une position neutre. Mes mains cherchent, cherchent une dernière note, une dernière musique avant la fin. La fin.
Un crie. Un cri qui vient du ventre, un cri de profonde jouissance. L'entrée des milles délices est enfin atteinte. Aleluia ! La mer se déchaine, mon corps coule et se vide, mes larmes se joignent dans cet ultime fin de jouissance puissance. Je me cambre pour retomber inerte, mon visage est figé et apeuré. C'est la fin. Ma robe est taché, je m'enroule dans le tissus mort à son tour. La flaque devient une étrange source de mystère.
Le soleil se couche , la nuit tombe c'est finie. Il me semble que je suis tombée dans les vagues, il me semble que je me noie. Je suis vierge et impur. Il me semble que je ne suis plus. Ca y est la fin est arrivée; l'eau entre dans mes poumons et envahits mon corps.

Tout à coup le jour se lève. La flaque à été asséché par une étrange chaleur. Mes yeux s'ouvrent. Je vient de renaitre dans un souffle, un souvenir ou peut être pas. Qui peut comprendre les mystères humains. Je sourie. Je suis dans une grande robe bleu qui caresse le par terre et un crabe passant. Je suis vivante. Je passe une main sur mon ventre, mes hanches, mes seins. Je vis, encore mon amie, je vie. Je hurle, je jubile, je rie. Je me suis lavé enfin. Je suis prête à regagner la vie. Je tourne les talons.

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